Lettre [alerte] N° 15 - 17 jullet 2008
Par Jean-Michel Bérard le jeudi 17 juillet 2008, 08:52 - Lien permanent
Plan de la lettre
1 Au fil des jours,
des lectures et des navigations
Le retour de
l'espoir
Théâtre, ciment
de l'Europe
Cimade et
immigrés
2 Alerte : la fin de la vie privée
?3 Citations et réactions de vous tous
Ravages, suite :
décervelons les bébés
Prochoix, suite
: sans-papiers
Démarche
scientifique
Cynisme d'Etat :
les fonctionnaires
Jersey, Sarkozy
et Napoléon le Petit
Les liens entre
nous
Lettre [alerte] N° 15 - JM Bérard - 17 juillet 2008 -
jean-michel.berard chez orange.fr remplacer chez par @
jean-michel.berard chez orange.fr remplacer chez par @
Vous faites partie d'une liste limitée d'amis,
constituée de façon purement arbitraire, dont je pense que peut-être mes
préoccupations sur l'avenir de la démocratie
et l'état de la société (que ça ! ...) peuvent les
intéresser.
Vous pouvez sans problème demander à être rayé de la
liste. Diffusion libre et bienvenue.
Réactions et contributions très bienvenues.
JM
Bérard
Je rédige et envoie deux
lettres. L'une est décrite en objet par "[alerte]" l'autre par "[JM B] N° x
Informatique et société".
Certains d'entre vous
reçoivent les deux, d'autres l'une ou l'autre seulement. Ceci est la lettre
[alerte]
***********************
Plan de la lettre
1 Au fil des jours,
des lectures et des navigations
Le retour de
l'espoir
Théâtre, ciment
de l'Europe
Cimade et
immigrés
2 Alerte : la fin de la vie privée
?
3 Citations et réactions de vous tous
Ravages, suite :
décervelons les bébés
Prochoix, suite
: sans-papiers
Démarche
scientifique
Cynisme d'Etat :
les fonctionnaires
Jersey, Sarkozy
et Napoléon le Petit
Les liens entre
nous
**********************
Quelques citations de Max
Dorra, écrivain et professeur de médecine, Le Monde des 13 et 14
juillet 2008.
Intellectuels
: coupeurs de cheveux en quatre. Aurait sans doute qualifié il y a
quelques siècles ceux qui, en dépit de tout bon sens et contre une opinion
unanime, doutaient que la Terre fût plate.
Actionnariat
salarié : merveilleuse invention : plus les salariés seront exploités
plus leurs actions vont monter.
Gens :
ensemble indistinct dont on affecte, non sans une pointe de condescendance,
d'exprimer les aspirations : " ce que les gens veulent en réalité, c'est..."
Noter l'importance du "en
réalité" : je vais vous dire quelque chose que vous, pauvre cloche
abusée, n'aviez pas remarqué, et dont les "gens" n'avaient même pas conscience.
Exemple : "les gens protestent contre le déremboursement des médicaments, mais
ce qu'ils veulent "en réalité" c'est pouvoir travailler plus pour gagner plus."
JM B
L'Etat est trop
dépensier : artifice de présentation culpabilisant destiné à faire
accepter la réduction des crédits alloués à la santé, l'éducation nationale, la
culture, la recherche.
Mentalité d'assisté
: se dit avec un moue réprobatrice, en général au volant d'une
Mercédès.
Je remarque de plus que
ce sont toujours les pauvres qui ont une mentalité d'assisté. Les banques que
l'on doit renflouer avec l'argent public pour éviter une crise catastrophique ne
sont pas assistées. Ce sont des décisions de bonne gestion de l'Etat. JM
B
***********************
Pour ceux que cela
intéresserait : j'apprécie la rigueur de pensée et d'analyse de Philippe Val, je
pense que le texte de Siné était pour le moins ambigu. J'achèterai deux numéros
de Charlie la semaine prochaine, pour compenser symboliquement l'action de ceux
qui ne l'achèteront pas..
***********************
******
1 Au fil des jours,
des lectures et des navigations
Le retour de
l'espoir
Il me semblait, à la fin de l'ère
Chirac et au début de l'ère Sarkozy, que la pensée était anesthésiée et tendait
à disparaitre de notre société.
Il me semble désormais que la
résistance renait, non pas de façon centralisée (tel grand parti, tel grand
intellectuel), mais à la manière de zones de pensée, d'espace où les fleurs
renaissent : blogs nombreux, lettres diverses, floraison de revues (Prochoix,
Ravages, et bien d'autres), articles dans les journaux, émissions de France
Culture, pétitions, associations de toute nature.
Sans doute est-ce sous l'effet d'une présidence brutale,
réactionnaire, affairiste, simpliste, cynique, sarko-berlusconiste et méprisant
les "intellectuels qui pensent" pour valoriser "les politiques qui agissent".
Peut-être aussi faut-il changer
mon mode de pensée jacobino-léniniste : le changement ne viendra sans doute pas
d'un parti "deux pas en avant des masses", mais des fleurs qui se seront
épanouies et feront que les écrasantes statues de bronze n'auront plus d'assise
et s'effondreront sous leur
propre inertie. Hélas, non sans soubresauts..
Quant-au système économique
ultralibéral, j'ai la ferme intuition qu'il ne peut plus survivre qu'en se
détruisant lui-même. Ce n'est pas du tout que je me réjouisse des crises et de
la misère induites. Mais il me semble qu'elles sont le signal dramatique de
l'effondrement. Et au fond, même un économiste ayant pignon sur rue comme
Patrick Arthus dit un peu cela en disant que le système actuel va changer
inévitablement, mais que l'on ne sait pas par quoi il sera remplacé.
Cf. aussi le dernier livre de
Arthus : Globalisation, le pire est à venir. (Extraits du livre sur http://www.marianne2.fr/Globalisation,-piege-a-cons_a87909.html
)
Patrick Arthus est professeur à
Polytechnique et à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en même temps que directeur de la
recherche à la banque Natixis (banque d'affaire filiale commune des Caisses
d'Epargne et des Banques populaires).
En quoi ces crises sont-elles un
retour de l'espoir ? Qui sait, on peut rêver. Les alertes graves et répétées
conduiront peut-être à modifier un système financier ultralibéral, actuellement
sans pilote et sans considération de l'humain.
Théâtre, ciment de l'Europe
Ouverture solennelle des
aspects culturels de la présidence française de l'UE, le colloque "Théâtre,
ciment de l'Europe" au théâtre de la Ville à Paris. Exposés savants sur
l'histoire (Firmin Gémier, le Théâtre des Nations), représentations par des
élèves des options "Théâtre" de lycées parisiens et des régions (options
semble-t-il menacées par les actuels projets de réforme du lycée), lectures de
textes de Victor Hugo, réflexions sur la traduction et le surtitrage, sur le
rôle de l'édition dans la construction de l'Europe...
Pour reprendre mes petites
considérations sur les fleurs du paragraphe précédent, il faut aux organisateurs
et participants de ce colloque une forte détermination de jardinier pour faire
pousser ces fleurs là !
Au niveau du président, la
présidence française s'est ouverte par une réflexion (enfin, c'est comme ça
qu'il l'appelle) sur la nécessité de se protéger de l'immigration, et par une
perspective de baisse du taux de TVA sur la restauration, promue élément du
patrimoine national. Allez, ne faites pas preuve d'élitisme intellectuel : on
peut diner d'un cassoulet en
sortant du théâtre. Le problème est que le président oublie le volet "théâtre",
et que je suis pas sûr qu'il aime le cassoulet.
Quant-au ciment, plutôt qu'à unir,
il servira à construire des murs de protection.
Bon, heureusement, le colloque a
eu lieu. Un caillou du petit Poucet, qui nous servira de repère dans
l'obscurité..
Voir :
Cimade et immigrés
Un article de Catherine Coroller
dans Libération
Synthèse : la convention
liant la Cimade au gouvernement arrive à échéance. La Cimade n'est pas en odeur
de sainteté auprès du ministère de l'immigration. [Rappelons que la Cimade
est la seule association autorisée à pénétrer dans les centres de rétention pour
les immigrés en attente (!) d'expulsion. JM B] Le gouvernement hésite à
supprimer totalement cette possibilité ("politiquement délicat " ! ), et a tenté
de diviser les associations pour contrer la Cimade. En perspective un tandem
Cimade Secours Catholique. Fin de la synthèse.
La présidence française de l'UE a
débuté par des déclarations du président disant que l'Europe devait mieux se
protéger en général et mieux se protéger contre l'immigration en particulier.
Dans les centres de rétention, les immigrés sont retenus sans aucun jugement.
Les textes que l'Europe sous présidence française projette d'instituer sont de
porter à 18 mois le délai de cette rétention sans jugement, dont
plusieurs témoignages irréfutables et plusieurs incidents graves ont montré le
caractère inhumain.
J'ai eu à rencontrer régulièrement
cette année plusieurs personnes en relation avec la Cimade. Une bouffée de
soleil pour elles. L'administration les convoque et les reconvoque, sous
prétexte qu'il manque toujours un papier dans leur dossier. (Il arrive même,
parait-il, mais je ne l'ai pas constaté personnellement, que la préfecture vous
convoque pour régularisation, et que, arrivé sur place, on vous arrête pour vous
expulser). Des avocats (français, eux) peu scrupuleux demandent des sommes
fabuleuses pour prendre en charge des dossiers qu'ils ne soutiennent pas. Dans
tout cela, la Cimade est un modèle de compétence et d'humanité. Trop sans doute,
selon le gouvernement.
******
2 Alerte : la fin de la vie privée
?
Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie
Hebdo, considère que l'une des limites fondamentales entre la démocratie et
l'absence de démocratie est la préservation d'une zone de vie privée,
n'appartenant qu'à chacun.
Cette notion de vie privée a beaucoup évolué
historiquement. Dans un petit village de montagne, la vie est dure, on
s'entraide pour les moissons ou pour déblayer la neige, mais chacun vit sous le
regard de tous les autres. De même, dans les pays anglo-saxons règne me
semble-t-il une notion de transparence : on appartient à la communauté, qui vous
vient en aide, mais considérer que l'on a droit à une espace personnel revient
un peu à se couper de la communauté.
A Jersey (tradition locale, ou transparence
anglo-saxonne ?) des affiches sur tous les murs alertent le passant :
"contribuez à arrêter le crime. Appelez le 0800 ... Votre appel est gratuit et
ne peut être identifié. Vous n'avez pas à donner votre nom. Vous pourrez
recevoir une récompense. Unisson notre île contre le crime". La ressource
économique essentielle de Jersey est d'être un paradis fiscal. Mais ce n'est
sans doute pas un crime.
En France, malgré la commission nationale
informatique et libertés, les évolutions des atteinte à la vie privée par les
technologies nouvelles sont si rapides que je peine à, simplement, les citer.
Ces évolutions ont lieu le plus souvent dans l'indifférence générale : "je n'ai
rien à cacher". Cependant, des journaux, des associations, des sites, des blogs
restent vigilants, en publiant des analyses, en faisant circuler des pétitions.
Au rythme actuel, on est invité à signer presque une pétition par semaine,
totalement justifiée par une atteinte grave aux libertés
individuelles.
La première surveillance à laquelle on pense est
celle de l'Etat, du big brother de Orwell. Et, de fait, nous sommes en train de
passer insidieusement à un modèle de société où tout le monde sera fiché, avec
pour principe : "fichons tout le monde, comme cela le jour où quelqu'un
commettra un délit il sera déjà dans notre machine". On a vu ces derniers temps
se mettre en place un passeport biométrique avec identification à distance, on a
vu une tentative pour étendre la natures des
données que peut contenir le fichier de la police et de la gendarmerie, on a vu
naitre le fichier "edvige" ou pourront figurer les personnes (à partir de 13
ans) "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public". Qui n'est pas
susceptible, aux yeux de la police, de porter atteinte à l'ordre public ? Les
journaux ont également publié des articles sur un projet du ministre de
l'intérieur, qui permettra à la police (sous contrôle d'un juge, en principe )
d'espionner tous les échanges d'une ordinateur personnel, sans que l'intéressé
en soit informé. La liste des délits visés est si vaste que tout procureur
répressif trouvera le moyen d'y placer n'importe qui.
La deuxième surveillance, qui se répand tout
aussi rapidement, est celle de chacun par tous et de tous par chacun.
Grâce aux traces indélébiles laissées
volontairement par chacun sur internet, on peut connaitre beaucoup sur la vie de
son voisin, de son conjoint, du candidat qui se présente pour une embauche, d'un
concurrent commercial ou politique.
De plus, des dispositifs techniques se
développent. Un appareil est en vente depuis quelques temps à un prix modique.
Il permet de surveiller tous les déplacements de la personne qui le porte. Il
n'est pas besoin d'avoir regardé beaucoup de films d'espionnage pour voir à quel
point il sera facile de "tracer" son conjoint, son voisin, un concurrent
commercial, un ennemi politique, une ancienne relation amoureuse.
Et, cerise sur le gâteau, un nouveau logiciel
(payant, mais il parait que cela se vend comme des petits pains) permet
d'espionner les téléphones portables. Il suffit, pour installer le logiciel,
d'arriver à subtiliser pendant quelques minutes le téléphone de son conjoint,
du collègue de travail dont on est jaloux, du subordonné que l'on veut
contrôler, du concurrent politique. Le dispositif permet ensuite de prendre
connaissance de tous les échanges (conversations, messages) passés sur le
téléphone espionné. Il permet aussi de permettre que le téléphone espionné, même
s'il n'est pas en communication, vous communique tout ce qui se passe dans
l'entourage, en mode écoute silencieuse.
Vie privée ? Un vieux souvenir...
****
3 Citations et réactions de vous tous
Ravages, suite : décervelons les bébés
Apport de l'une de vous, merci, la revue "Ravages"
fait paraitre son numéro 1 (en vente sur commande dans les librairies).
La
revue a fait l'objet d'une émission sur France Culture le 16 juillet
2008.
Extrait, à
propos du lancement d'une chaine de télévision destinée aux bébés :
"Des chaines
pour les bébés : dès la naissance, déréaliser l'être humain, lui coller la
rétine à la tétine des écrans, le faire jouir par le visuel, immobiliser son
corps, pénétrer son esprit et ses rêves, régner sur lui grâce au psychopouvoir
des pixels, voila notre Utopia, nous les hommes du XXIème siècle. [...] La
nouvelle chaine de télévision pour les enfants de six mois, Babyfirst, restera
comme le signe éclatant de l'entrée dans la Matrix universelle."
Cette même
chaine de télévision fait l'objet d'un article de plusieurs pages, terrifiantes,
dans Le Monde 2 du 12 juillet 2008. Diverses autorités françaises
mettent en garde contre cette chaine, mais elle est de droit
anglais.
Pour
survivre, le Moloch ultralibéral doit rendre ses enfants malades et obèses avec
une alimentation trop grasse, et les transformer en zombies.
Je ne sais si
c'est vrai, mais j'avais lu quelque part que Hitler avait sélectionné des bébés
de race supérieure, et avait demandé qu'on ne leur parle pas du tout, pour
prouver que spontanément ils parleraient la langue de la race supérieure. Les
bébés, dit-on, sont tous morts. Hitler aussi, mais plus tard. Quant-à la bête
immonde, elle est comme le père Dupanloup.
Prochoix, suite, sans-papiers
Apport de
l'une de vous, merci, la revue "Prochoix" est animée par Caroline
Fourest, en outre chroniqueuse à France Culture et Charlie Hebdo.
Dans le
numéro 43, printemps 2008, une étude de Clara Domingues et Claudie Lesselier :
"Sans-papiers et institutions, paroles de sans-papières."
Démarche scientifique
Le site
Ampère (CNRS) animé par l'un de vous, analyse avec rigueur la démarche
scientifique en s'appuyant sur un pan de l'histoire des sciences.
Cynisme d'Etat : les fonctionnaires
Envoyé par
l'une de vous, merci. La brutalité et le cynisme sont au pouvoir. Je ne suis pas
naïf au point d'être surpris par les propos du ministre, mais je le suis par le
fait que l'on invite sans état d'âme un journaliste à écouter ce genre de choses
que l'on disait auparavant entre soi. Cela dit, j'ai tenté de vérifier la
source. Il ne s'agit pas du texte original de Charlie Hebdo, mais de ce texte
cité par l'un des contributeurs du site. Je n'ai donc ni l'original du
discours, ni l'original de Charlie. Je regrette, car je ne peux me faire une
idée de la validité du texte cité. Si non e vero... JM B
Cher Jean
Michel, je te transfère un document, trouvé sur Agoravox, qui me coupe le
souffle :
"Voici des propos du Ministre de la Fonction publique rapportés par Charlie-Hebdo, tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café Restaurant Pépita à Paris.
"Voici des propos du Ministre de la Fonction publique rapportés par Charlie-Hebdo, tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café Restaurant Pépita à Paris.
Les retraités
de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là
sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un
retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra
résoudre ce problème. [...]
Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'œuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps, 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple les corps de l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale.
Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles. [...]
Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'œuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps, 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple les corps de l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale.
Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles. [...]
Note de
JM B : c'est vrai, ça. Pour l'instant, les corps empêchent de passer facilement
de prof agrégé d'allemand, dont on a trop, à infirmière, dont on manque. C'est
une rigidité absurde.
Ce qui compte
en France, c'est la psychologie, il faut débloquer tous ces verrous
psychologiques.
[...] Le
problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services
publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police
fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à
deux doigts d'une crise majeure.
Commentaire (de la personne qui a placé le texte sur le site) : Il admet dans ses propos que les français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu'ils soient. C'est bien en les fragilisant de l'intérieur (sous-effectif, baisse d'investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les attaques à l'œuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la qualité des services publics.
http://www.agoravox.fr/
Commentaire (de la personne qui a placé le texte sur le site) : Il admet dans ses propos que les français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu'ils soient. C'est bien en les fragilisant de l'intérieur (sous-effectif, baisse d'investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les attaques à l'œuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la qualité des services publics.
http://www.agoravox.fr/
Jersey, Sarkozy et Napoléon le Petit
Vous avez sans doute déjà reçu cent fois un texte de Victor Hugo qui
circule sur internet : c'est une critique de Napoléon III, que VH appelle
Napoléon le petit, et dont on peut appliquer chaque mot à notre actuel
président.
Je ne
reproduis pas ce texte ici, mais je vous communique cette contribution de l'une
de vous :
"Le 5
août 1852, Victor Hugo débarquait à Jersey pour un exil dont il ne connaissait
pas la fin. Le même jour, Napoléon le Petit, imprimé à Londres, était
publié par Hetzel à Bruxelles.
Le 10, Schoelcher écrivait la préface de son Histoire des crimes du Deux-Décembre.
Le 11, Renan soutenait sa thèse de doctorat ès lettres sur Averroès et l'averroïsme.
Le 15, la Saint-Napoléon était décrétée fête nationale française.
Le 16, Victor emménageait avec sa famille à Marine-Terrace.
Le 18 paraissait le premier numéro du Figaro, " journal non politique ".
Le 25 M. Novent, professeur de troisième latine à l'Athénée royal de Gand, était suspendu de ses fonctions par arrêté ministériel pour avoir lu à ses élèves des passages de Napoléon le Petit.
Le 28, Victor Hugo composait : "J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline... " qui figurera dans Les Contemplations (5, 24).
Le 29 il écrit à Madier de Montjau: " Cette admirable mer, qui est en ce moment d'un calme plat, qui demain sera en colère et brisera tout, - et qui ressemble au peuple. Tâchons de faire souffler le vent. "
Le 30, en France, la philosophie et l'histoire moderne sont écartées des programmes scolaires. En septembre Auguste Comte publiera son Catéchisme positiviste. "
Je pense que ce texte devrait rassurer ceux d'entre vous qui, par exemple, s'inquiètent des menaces sur les sciences économiques et sociales ou sur les options des lycées. Pourquoi êtes-vous émus, il y a des précédents historiques, notre président respecte les traditions françaises. Et puis au fond Victor Hugo a laissé plus de souvenirs que Napoléon III. Alors...
Le 10, Schoelcher écrivait la préface de son Histoire des crimes du Deux-Décembre.
Le 11, Renan soutenait sa thèse de doctorat ès lettres sur Averroès et l'averroïsme.
Le 15, la Saint-Napoléon était décrétée fête nationale française.
Le 16, Victor emménageait avec sa famille à Marine-Terrace.
Le 18 paraissait le premier numéro du Figaro, " journal non politique ".
Le 25 M. Novent, professeur de troisième latine à l'Athénée royal de Gand, était suspendu de ses fonctions par arrêté ministériel pour avoir lu à ses élèves des passages de Napoléon le Petit.
Le 28, Victor Hugo composait : "J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline... " qui figurera dans Les Contemplations (5, 24).
Le 29 il écrit à Madier de Montjau: " Cette admirable mer, qui est en ce moment d'un calme plat, qui demain sera en colère et brisera tout, - et qui ressemble au peuple. Tâchons de faire souffler le vent. "
Le 30, en France, la philosophie et l'histoire moderne sont écartées des programmes scolaires. En septembre Auguste Comte publiera son Catéchisme positiviste. "
Je pense que ce texte devrait rassurer ceux d'entre vous qui, par exemple, s'inquiètent des menaces sur les sciences économiques et sociales ou sur les options des lycées. Pourquoi êtes-vous émus, il y a des précédents historiques, notre président respecte les traditions françaises. Et puis au fond Victor Hugo a laissé plus de souvenirs que Napoléon III. Alors...
Les liens entre nous
Au fil de ces
lettres [alerte] vous me signalez des sites ou des blogs qui sont à chaque fois
pour moi une découverte, font réfléchir et que je consulte ensuite
régulièrement. J'en oublie peut-être dans la liste ci-dessous, n'hésitez pas à
protester si vos apports ne sont pas pris en compte :
* Prochoix,
Caroline Fourest
* Blog de
Bernard Maris, professeur d'économie, chroniqueur à Charlie Hebdo et France
Inter http://www.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?id=12 un peu décevant ces derniers temps.
* Blog du
linguiste LJ Calvet.
*
Claris
http://blog.claris.org/ actuellement en page d'accueil une importante analyse du fichier
Edvige
* La vie des
idées
* Education
financière
Je laisse
volontairement un espace.
* F. Desouche
:http://www.fdesouche.com/
J'avais noté
ce lien en lisant un article de Rue89 dont le journaliste avait été invité à une
soirée ultra-réac. Je viens d'y jeter un coup d'œil. C'est assez bien fait, si
l'on aime ce genre là. Peut-être est-il utile de comprendre aussi comment pense
F. Desouche ?
Décodage,
mais vous aviez compris : une association de soutien aux immigrés, très
minoritaire, a décidé d'appeler "souchiens" les "Français de souche". Le
ministre Hortefeux a protesté contre ce jeu de mots injurieux pour la France, la
vraie. Et un groupe de gens "fiers d'être français" a lancé de blog de François
Desouche.